L’histoire de la création selon Lorenzo

Pour les Purépechas, le besoin du respect de soi et de la nature est la conséquence naturelle de leur observation attentive de l’équilibre nécessaire au maintien de la vie. L ’espace, le temps, le mouvement (la spirale) et la matière ont été créés pour lutter contre l’obscurité ou le néant originel. Cet élan créateur est symbolisé par « le bol de la création » et la force pour le maintenir par « le feu de la création ». Ces symboles représentent la complexité et les innombrables exigences surmontées afin de créer la vie sur notre planète.

Notre bonheur découle ainsi de la conscience d’avoir la chance d’être le fruit de tant de travail.


Cette histoire de la création du monde est basée sur l’interprétation des symboles gravés dans la pierre des pyramides et sites historiques de la communauté mexicaine des Purépecha (région actuelle Michoacan).


C’est Lorenzo, artiste peintre Purépecha de l’état de Michoacan, qui nous fait le cadeau de nous raconter cette histoire  ». L’histoire de la création débute ainsi

A l’origine, toute l’énergie de l’univers était concentrée dans une petite sphère sans rêves, sans sentiments, sans créativité et toute engourdie ….

Le FEU ÉTERNEL appelé TUJKU UPA ACHÁ, se morfondait dans sa tristesse et se confinait dans un espace de plus en plus réduit : Il était vaincu par les ténèbres. L’espoir qu’il nourrissait, lui permettait cependant de survivre. Les rayons qu’il émettait pour tenter de vaincre cette obscurité qui l’entourait étaient les signes de cet espoir. Mais ses rayons se dissipaient rapidement.  Ainsi, TUJKU UPA ACHÁ, était incapable de bouger, il se sentait à l’étroit, il éprouvait des difficultés et ne brillait que faiblement. Malgré ses efforts, son énergie était toujours contenue et ne pouvait être aperçue au-delà de limites très contraintes. Conscient que tout pouvait disparaître il fit appel à sa joie et son imagination et créa l’étincelle du bonheur :

« Ne laisse pas l’obscurité te remplir de tristesse. »

Il découvrit ainsi que sa puissance pouvait renaitre de l’intérieur par la joie et la créativité. Il rassembla ses forces et parvient ainsi à augmenter progressivement son espace. Il  sentait plus libre plus libre et moins contraint par les ténèbres. Il respira et sourit… Il commença à tourner sur lui-même lentement en expulsant l’énergie ainsi accumulée.

Le feu, la lumière, la conscience et la créativité se mirent à tournoyer emplis d’un bonheur nouveau. TUJKU UPA ACHÁ s’amusait tellement que des éclairs jaillissait du sein de ses entrailles. Ces éclairs combinés à l’énergie de l’univers en mouvement, éveillèrent la foudre de la création. Ses rayons étaient si rapides que les ténèbres ne remarquèrent pas qu’ils contenaient le feu, la lumière, la conscience, la créativité et le bonheur. Cinq boules de feu naquirent ayant elles aussi la capacité de créer.

Elles voyageaient maintenant librement au sein du bol de TUJKU UPA ACHÁ. Les Tyrípeme sont ainsi nés, cinq enfants de TUJKU UPA ACHÁ , actives, agiles et drôles faisant face aux ténèbres : Désormais TUJKU UPA ACHÁ n’était plus seul.

Kurhikuaeri, le plus actif des tyripeme, aimait tourner autour de TUJKU UPA ACHÁ, il accéléra et tournait ainsi de plus en plus vite. Tournoyant et heureux d’embrasser cette obscurité et de jouer avec, il ne se rendit pas compte qu’il se courait après. C’est ainsi qu’il fut frappé par une boule de feu, qui tournait comme une toupie avant d’être détruite et expulsée vers les ténèbres comme un éclair. « Comment ai-je fait cela »,  se demanda Kurhikuaeri. Il tenta de créer une autre boule de feu , toujours accompagné du bonheur, de la conscience, de l’imagination et du rayon de la création. Après plusieurs tentatives, il réussit. Cette boule de feu avait un mouvement circulaire qui attira son attention. Puis il recommença. Il parvient ainsi à perturber l’obscurité environnante. Des éclairs de lumière jaillissaient lorsqu’il détruisait les boules de feu. Kurhikuaeri en contenant les boules de feu sans les expulser devint ainsi plus fort.

Sur le chemin du retour, Kurhikuaeri entendit le tonnerre produit par ses frères qui jouaient à un jeu de balle. Il s’approche joyeusement d’eux pour leur faire part de sa découverte. Les quatre frères l’invitent alors à son tour à jouer avec eux. Kurhikuaeri leur appris à jouer avec des boules de feu sans les détruire. Étourdis et déconcertés ils effectuent ensemble leurs premiers tours et c’est alors une énorme source de lumière apparaît. Les tyripeme accumulèrent ainsi les boules de feu. Ils aimaient se sentir de plus en plus forts et se battaient même pour elles. Leur mouvement en spirale permettait à ces frères et sœurs de ne pas se détruire les uns les autres. Chaque tyripeme ayant ses propres vertus, chacun créa ses boules de feu à sa manière et devint ainsi créateur.

Le feu fut créé par le rayon de la création, l’eau par la joie, la terre par la conscience.

« Attention à ce qu’ils ne s’échappent pas comme le vent dit l’imagination à un autre…. » et le vent fût créé

Tujku upa achá était heureux. Ses enfants tyripeme avaient appris à créer au sein du bol de création, un endroit où l’énergie peut s’accumuler et croître et avoir des propriétés uniques. Ainsi, les Purépechas savent que toute l’énergie et la matière ont une origine commune, LE FEU ÉTERNEL. Le rayon de la création, l’imagination, le bonheur et la conscience l’accompagnent.

Ils créèrent le Soleil et la Lune en utilisant la matière créée par les tyripeme.

Le danger de l’obscurité dissipé , une nouvelle forme de création apparaît lors des éclipses, quand le soleil et la lune s’unissent.

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